De retour depuis 2 jours déjà... Que de temps passé à ne rien faire, à errer, à penser... à ne pas travailler... alors que je devrais. Oui, je devrais. 1 semaine loin d'ici, loin de plein de choses, loin de presque tout... Et proche de tellement d'autres choses. Partir m'a fait du bien, j'ai réalisé certaines choses, en bien ou en mal... Comme cette sensation de n'avoir presque aucune attache... Là-bas, peu de choses, peu de gens m'ont manqué... C'est triste à dire, à réaliser... Mais cela semble vrai. Je me suis dit tant mieux, si je pars en Espagne, ça sera moins dur que prévu, j'aurais moins de choses derrière moi à regretter... Mais c'est dur de se dire, qu'au final on n'a pas grand chose qui a de l'importance, pas grand chose qui nous rattache à l'endroit où l'on vit. On construit une vie, jour après jour, et au bout de 17 ans on se rend compte que peu de choses comptent vraiment. Je ne sais pas vraiment si c'est un bien ou un mal. D'un côté, c'est un bien de se dire qu'on n'est pas attaché uniquement au monde matériel et à tout ça, mais d'un autre...? Est-ce-que ça veut dire qu'on ne compte pour personne ? Qu'il n'y a plus beaucoup de monde dans ma vie qui soit aussi important que ça ? Je ne veux pas dire qu'il n'y en a pas, pas du tout, et au contraire. Evidemment, il y a des personnes importantes, très importantes, et que j'aime de tout mon coeur... Et que ne sortiront pas de mon coeur, quoiqu'il arrive. (...)
Mais il y a d'autres choses à côté, qui au final n'ont que si peu d'importance...
J'ai pris du recul. A savoir si j'ai avancé ou reculé, je ne sais pas. J'ai silloné tant de rues, de lieux, d'endroits,... Tant de misère et d'indifférence, au milieu d'autant de beauté que de saleté. Pourquoi je n'ai rien envie de raconter de ce voyage ? Je ne sais pas, peut-être que ce que j'y ai vu là-bas est tellement partagé, que je ne sais en tirer l'un ou l'autre côté... Peut-être cela reste-t-il en ébullition quelque part, avant de revenir à la surface.
Je ne peux pas croire que les gens deviennent aussi égoïstes, que ce monde devient aussi merdique, misérable... Qu'on laisse crever nos semblables sous les ponts sans rien faire. Que parce qu'ils n'ont pas un sou, on a peur d'eux et on ne leur offre même plus un sourire. J'ai l'impression de vivre dans une psychose. "Fuiez votre prochain, il pourrait être dangereux"... Mais merde, et ceux qui sont seuls, qui sont tristes, qui ont froid, qui ont faim, qui ont soif, eux, ils n'ont même pas le droit à un regard ? A un sourire ? Quel monde pourri. Je n'accuse pas tout le monde, je sais qu'on nous a conditionnés pour être comme ça... Mais je voudrais que les gens se rendent compte de ce qui se passe, de ce qu'on devient. Nous vivons dans une société qui devient de plus en plus individualiste chaque jour, et le pire, c'est que beaucoup ne le voient même pas. Ils sont acteurs de cette comédie mais ne le savent pas, ou ne veulent pas le savoir...
Cette misère et cette indifférence m'ont bouleversées... Car je ne sais même pas quoi faire face à cela... Un tel sentiment d'impuissance. On devient des machines, programmées, dans une vie qui perd son sens. Métro, boulot, dodo. Je l'ai vraiment vu pour la première fois. Et ça fait peur, ça fait vraiment peur. Car c'est réel, tellement réel que ça exclue toute réalité. Et le monde devient comme ça. Merci quoi ? Merci qui ? Je ne sais pas. C'est tout un système, une tendance, à l'enrichissement, à la consommation de masse, je ne sais pas, une tendance à l'oubli en tous cas, l'oubli de l'essence humaine qui est en nous, l'oubli des autres, au prix d'une sécurité, une sécurité fictive.
image : photo prise au Louvre et retouchée... Ramsès II